Panier 36
Bonjour les mangeurs,
Cette semaine, un sujet passionnant que je creuse depuis un moment. Notre rapport aux vivants déterminerait la soutenabilité de nos modes de vie.
De façon caricaturale, pourquoi, ou comment, un citoyen urbain s’attacherait-il au faucon crécerelle, à l’hirondelle ou au rouge queue, alors qu’il n’en voit pas la moindre plume dans son quotidien? A l’inverse, un habitant à la campagne verra de ses yeux que ces oiseaux sont de moins en moins nombreux, le matin, au petit déjeuner en regardant par la fenêtre. Le jour où ces oiseaux ne viennent plus, le manque est vécu dans la chair, et pas seulement par un e-mail demandant de signer une 4792ème pétition.
Pour creuser le sujet, je vous propose une interview de Charles Stépanoff, anthropologue, interview centrée sur l’élevage, dans un raisonnement tout à fait similaire, mais pas uniquement.
Les modes de vie résilients sont caractérisés par une diversité de liens multifibres aux espèces et ne délèguent pas à d’autres groupes dominés la complexité et la violence des rapports humains avec le milieu vivant.
Voici l’interview complète:
https://reporterre.net/Les-societes-varient-selon-leurs-facons-d-organiser-leurs-attachements-a-leur-milieu
En élargissant le sujet, pas que les villes doivent disparaître mais je suis convaincu que tant que les villes attireront plus d’habitants que les campagnes, aucune solution ne sera possible que ça soit pour la biodiversité, pour le climat, .. Pourquoi?
Réquisitoire anti-ville “improvisé”:
Les villes déconnectent beaucoup trop les humains de leur environnement vivant, tout en requérant énormément d’énergie et de ressources à l’extérieure de son territoire, par la densité (qui n’est pas magique) qu’elle représente, et cela, quelque soit le niveau de sensibilité “écologique” de ses habitants.
Elle est aussi un lieu où l’artisanat, l’autonomie et les solutions low tech sont chaque jour moins possibles, ces trois pistes étant pourtant au sommet des clés qui permettraient une amélioration structurelle de la santé du vivant sur terre.
Au niveau politique, la centralisation qui en découle et les rapports de force qui émergent de cette dualité ville-camapagne, déséquilibrent toujours plus la balance en faveur des urbains. L’exemple qui démontre cette déconnexion de façon presque absurde, c’est le sujet des voitures dont j’ai déjà parlé. Obliger les citoyens à remplacer des véhicules tout à fait fonctionnels pour le bien-être (légitime, la question n’est pas là) des urbains, par des voitures neuves, avec les conséquences environnementales colossales de devoir produire ces millions de véhicules, est plus qu’illustratif d’une déconnexion totale avec l’environnement et sa finitude, et même de la pression qu’exerce la ville, en externalisant ses besoins sur la nature.
Un avis tranché. Peut-être trop? Je n’ai en tout cas pas encore été convaincu par d’autres points de vue qui se résument souvent à du techno-solutionisme.
Et voilà le panier de la semaine! De bons légumes pour réfléchir à ce thème central dans l’avenir de la civilisation, rien que ça :D Le but étant bien de se secouer les neurones, de remettre en perspective ses projets, .. et non de faire culpabiliser outre mesure les habitants de nos villes.
Bon appétit :)
Le panier
Tomates
Bettes
Coriandre
Aubergine / Poivron
Pommes de terre
°Ce sont les quantités qui varient selon les paniers :)
Le panier de fruits
Pommes et poires
Les suppléments
Fruits & légumes
PDT nouvelles: 2,5€ /kg
Autres
- Oeufs extra-frais (bio): 2,5€ /6p